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CARTE POSTALE DU FUTUR - ENS des forêts, prairies humides et milieux tourbeux - PNR Morvan et ONF

Nous sommes en 2050. Dites-nous :

Quel est le climat qui règne sur votre aire protégée (températures, précipitations, etc.) ?

Le réchauffement annuel s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui comme prévu dans le scénario intermédiaire grâce aux efforts et aux politiques ambitieuses de 2028. On constate cependant des évolutions importantes :

  • La saisonnalité des températures de plus en plus marquée. En hiver, on garde des températures bien froides même si le nombre de jours de gel a fortement diminué ( - 13 jours en moyenne). L’été, lui, est très marqué avec des vagues de chaleur plus longues (+ 15 jours / an), une augmentation du nombre de jours de sécheresse annuel, surtout en août et en septembre. Sécheresses répétées l’été, en fréquence et en durée.
  • Concernant les précipitations, c’est beaucoup plus aléatoire surtout au printemps et à l’automne même si globalement il n’y a que peu d’évolutions du volume annuel. Une plus grande variabilité interannuelle et saisonnière engendrant plusieurs modifications majeures du cycle de l’eau : baisse des débits en été (cours d’eau et sources) et augmentation de la température des cours d’eau.
  • Nous avons aussi constaté, en raison de ces variabilités fortes, une augmentation des aléas climatiques : les crues violentes et brèves, les chutes de neige épaisses, les feux de forêt et les orages de grêle rythment nos activités.

Quel est le patrimoine naturel présent ? Quelles espèces/habitats ont disparu ? Et quelles nouvelles espèces/habitats sont arrivé(e)s ?

Notre ENS était composé d’une diversité de milieux, majoritairement humides :

  • des forêts tourbeuses (Boulaies à sphaigne ou Aulnaies Boulaies à Molinie) ou simplement humides avec une des rares stations de prêle sylvatique ;
  • une zone agricole avec une mosaïque de prairies paratourbeuses d’un grand intérêt écologique et constituant un bassin d’alimentation en eau d’une zone de bas marais tourbeux dont la fermeture par abandon des pratiques est très avancée ;
  • des zones de tremblant tourbeux et cortèges de végétations amphibies ou immergées en bordure de l’étang ;
  • quelques patchs de zones forestières Chênaies - Charmaies & Chênaies - Frênaies à Jacinthe des bois.

Les effets du changement sont malheureusement très visibles.

Les prairies humides sèchent parfois au 15 juillet à cause de l’arrêt des écoulements des petites sources. Les gros fayards ont tous disparu et c’est une forêt très jeune et très mélangée qui se maintient sans gros bois.

Les espèces végétales les moins thermophiles et les moins résistantes à la sécheresse ont été les premières à disparaître notamment dans les prairies comme la canneberge (Vaccinium oxycoccos). Les variations des niveaux des étangs sont pour le moment favorables aux végétations amphibies, mais les temps d’assec se rallongent ce qui n’est pas très bon pour les nappes et le maintien de l’eau dans les zones tourbeuses.

Nous avons malheureusement vu apparaître quelques espèces exotiques envahissantes (ambroisie, chenilles processionnaires, raisin d’Amérique) qui ont pu être contenues pour le moment.

Quelles sont les activités humaines qui se déroulent dans et autour de l’aire protégée ? Quelles pressions exercent-elles sur le patrimoine naturel ?

L’asséchement des prairies humides a en partie profité aux agriculteurs qui ont parfois fini leur fauche au 15 juillet mais dont l’affouragement commence souvent plus tôt, dès août.

La pression sylvicole s’est d’abord intensifiée au début des années 2030 avec l’augmentation du coût de l’énergie et la mortalité qui a touché les hêtres et les douglas. Mais maintenant que les volumes de bois ont diminué et que les zones de libre évolution ont augmenté, la pression est beaucoup plus faible. Par contre, beaucoup de gîtes forestiers ont disparu.

Et vous, en tant que gestionnaire, que faites-vous (quelle gestion ?) sur votre site ? Et que voulez-vous pour votre site ?

Après un début de gestion tourné vers l’amélioration de la connaissance au niveau des inventaires faune et flore, l’enjeu hydrologique s’est avéré être l’enjeu majeur.

En parallèle des actions sur l’ouverture des sites grâce à des chemins et à des panneaux d’information, un important travail de diagnostic et de restauration hydraulique a eu lieu. Dédrainage, reméandrage, suppression d’un étang, gestion adaptative des niveaux d’eau via des modélisations ont été des actions phares. Suite aux fortes chaleurs estivales, la réouverture de certains milieux a été diminuée et les espaces en forêt mis en libre évolution avec l’installation de nombreux nichoirs.

Les objectifs du site ont été doubles : faire du site un espace de conservation et de gestion de l’eau exemplaire et permettre une appropriation et un ancrage territorial maximal.

De quels partenaires est composée la gouvernance (nouvelles implications, nouveaux outils/reconnaissance/labels… ou sortie de certains partenaires) et quelle portée/rayonnement a le site sur le territoire ?

Le COPIL a été remplacé par une assemblée majoritairement citoyenne avec les habitants de la commune suite à la volonté de la commune et du CD21 de racheter toutes les parcelles de l’ENS. Siègent encore le PNR, des associations naturalistes et l’ONF, tous en tant qu’experts invités. La zone agricole est gérée via une association foncière pastorale et 2 aires terrestres éducatives sont implantées, gérées par les écoliers et les collégiens de Saulieu. Enfin, l’étang Morin est un lieu d’expérimentation dans un objectif de faire cohabiter une zone d’aquaponie – production locale à destination des écoles - avec des espèces locales et la flore protégée.

Adaptation des ENS de Côte-d'Or au changement climatique
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